L’eau de pluie, une fausse bonne idée ?

Publié le dans Mes actes au quotidien, Santé.

récupérateur d'eau de pluie

En cette période de sécheresse, chacun réfléchit à la solution alternative qui lui permettra de moins solliciter les ressources en eau. Si vous êtes sur le point d’investir dans un récupérateur d’eau de pluie, lisez ce qui suit pour écarter tout risque pour votre santé. Certes, l’eau de pluie tombe du ciel mais elle est loin d’être pure. Elle est davantage dégradée au voisinage des villes (incinération des ordures ménagères, hydrocarbures…), des zones industrielles (métaux lourds, solvants…) ou agricoles (pesticides, nitrates…). La proximité de la mer influence également la composition de l’eau de pluie. Sur la côte Atlantique, les concentrations en sel peuvent atteindre 10mg/l. Au cours de son ruissellement sur la toiture, l’eau de pluie peut aussi se charger en déchets végétaux, déjections animales, suie, polluants aéroportés, micro-organismes… Ensuite, dans les gouttières et les cuves de stockage, la qualité de l’eau de pluie peut s’altérer. Cette dégradation sera d’autant plus importante que les conditions de température et de luminosité seront favorables à la croissance des micro-organismes (Salmonella , Shigella Vibrio, Clostridium, Pseudomonas, Legionella, Campylobacter, Cryptosporidium), des endotoxines de moisissures, des algues, des insectes… Dans certains cas, le stockage de l’eau en cuve peut conduire au développement du virus chikungunya et à la transmission d’épizootie. Les voies d’exposition sont variées : ingestion accidentelle au robinet du jardin, inhalation via les aérosols formés lors d’un jet, exposition cutanée…Des épidémies ou des cas de diarrhée, de gastro-entérite, de légionellose, de botulisme et de parasitose ont été signalés dans des foyers alimentés en eau non traitée. Soyez donc vigilants et réservez l’eau de pluie à des usages à l’extérieur de votre habitation comme le lavage de la voiture ou l’arrosage des pelouses.

 

 

 

© Morad HEGUI – Fotolia.com

Mots-clés : , , , , , , ,

5 commentaires

  1. samain 9 septembre 2011 à 10 h 39 min

    n’utilisez pas l’eau de pluie directement à l’intérieure de votre habitation à MOINS QUE VOUS DISPOSIEZ D’UN SYSTEME DE DESINFECTION TRES PERFORMANT. A cause de l’eau de pluie, mon épouse a eu une infection reinale simplement parce que nous utilisions l’eau de pluie sans système de désinfection. Notre eau de pluie contenait le germe Pseudomonas. Cordialement

    Répondre
  2. bachelet sagot vivian 28 décembre 2011 à 22 h 51 min

    mon epoux veut économiser l eaux de pluie pour les toilettes le lave linge et le lave vaisselle mais moi je crains tous les virus et bactéries j ai 4 enfants et j ai très peur de cette solution pouvez vous nous indiquer un pro sérieux qui pourrait nous renseigner .merci

    Répondre
    • Marillys Macé 6 janvier 2012 à 11 h 02 min

      Bonjour,
      Je comprends vos interrogations. Alors que peut-on dire aujourd’hui de l’utilisation potentielle de l’eau de pluie dans notre vie quotidienne?
      Tout d’abord, il est vrai que pour les usages domestiques tels que chasse d’eau, lavage des sols et des véhicules, arrosage du jardin, l’utilisation d’une eau de pluie sans traitement ne présente pas de problème particulier.
      Mais vous avez raison, Il ne faut par contre pas oublier que l’eau de pluie n’est pas une eau potable : elle présente une contamination microbiologique et chimique supérieure aux limites de qualité appliquées à l’eau potable de votre robinet.
      Elle peut en effet être souillée lors de son ruissellement sur les toitures, de son passage dans les gouttières ou lors de son stockage (bactéries, moisissures, fumée de cheminée, excréments d’animaux, insectes, déchets végétaux, algues, produits de corrosion (plomb, zinc, cuivre…). Les eaux de pluie sont donc d’une qualité très variable, tout à la fois sensibles au niveau de pollution local et à leurs conditions de stockage, elles-mêmes susceptibles de modifier leur composition (température et luminosité peuvent favoriser la croissance bactérienne et le développement d’algues), les matériaux composant le contenant de stockage pouvant également « relarguer » certains éléments dans l’eau.
      Le conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France estime donc que l’utilisation de l’eau potable est obligatoire pour l’ensemble des usages alimentaires (boisson, préparation et cuisson des aliments, lavage de la vaisselle…) et pour ceux concernant l’hygiène corporelle ou le lavage du linge en contact direct avec le corps.
      Au-delà de cet aspect sanitaire, il vous faudra aussi bien prendre en compte l’ensemble des contraintes qui sont imposées par les pouvoirs publics aux propriétaires utilisant l’eau de pluie à l’intérieur d’un bâtiment raccordé au réseau collectif : déclaration obligatoire en mairie, acquisition et installation d’un système d’évaluation du volume d’eau de pluie utilisé dans le bâtiment, entretien et contrôle des équipements, identification des points de passage de cette eau « non potable », interdiction de tout raccordement du réseau d’eau de pluie avec le réseau de distribution d’eau potable, tenue d’un carnet sanitaire, sans oublier qu’il vous faudra également alors vous acquitter d’une taxe d’assainissement.

      Pour vous assurer des services d’un professionnel de qualité, le mieux serait peut-être de vous rapprocher de votre Agence Régionale de Santé dont les missions couvrent entre autres le champ de la sécurité sanitaire et notamment toutes les problématique liées à la qualité de l’eau ou bien la Fédration Française du Bâtiment dont il doit y avoir une antenne près de chez vous (région ou département).

      J’espère que ces quelques éléments de réponse vous auront aidé dans votre choix.
      Bien cordialement.

      Répondre
      • JLB29P 13 février 2012 à 9 h 00 min

        Bonjour,
        Je lis avec grand intérêt votre réponse à propos de l’usage domestique de l’eau pluviale.
        Je me renseigne, à l’intention de plusieurs amis, dont l’un anime un gite; et ce que vous écrivez
        - « déclaration obligatoire en mairie, acquisition et installation d’un système d’évaluation du volume d’eau de pluie utilisé… tenue d’un carnet sanitaire, sans oublier qu’il vous faudra également alors vous acquitter d’une taxe d’assainissement. »
        Nous ignorions cet aspect qui s’applique en France ?
        Pour des raisons pratiques, nous n’utilisions l’eau pluviale que pour les usages extérieurs (arrosage, nettoyage), mais des voisins l’emploient depuis plus de 15 ans pour les WC et lavage (linge et vaisselle) sans précaution particulière (filtrage et dépollution) et avoir jamais eu de problèmes; mais à vous lire, il semble qu’ils aient eu de la chance et leurs enfants aussi.

        Répondre

Laisser son avis

XHTML: Vous pouvez utiliser : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>