La gestion et l’usage de l’eau en agriculture

Publié le dans Planète.

Le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) vient de rendre un avis sur le rapport “gestion et l’usage de l’eau en agriculture” préparé par Florence Denier-Pasquier, représentante de France Nature Environnement (FNE) et membre de la section de l’agriculture, de la pêche et de l’alimentation. Cet avis prend en compte les enjeux de l’agriculture face à la mondialisation qui entraîne une forte concurrence : sécurité alimentaire aux niveaux national et européen, production d’eau potable, préservation de la qualité de l’eau et du milieu naturel, changement climatique. Abordant les sujets qui font débat, cet avis reflète les divergences entre monde de l’environnement et monde de l’agriculture, notamment sur les pollutions diffuses ou l’irrigation.

Le CESE propose 6 recommandations pour relever les défis allant des parcelles agricoles aux grands basins versants

La protection des captages d’eau potable doit être un levier majeur pour préserver la qualité de l’eau. D’autant que préserver un captage permet d’aménager et de développer l’économie d’un territoire. L’avis préconise des contrats entre agriculteurs et forestiers et de favoriser financièrement, notamment dans les zones les plus sensibles, l’agriculture biologique, l’agroforesterie, la forêt qui sont des systèmes contribuant à produire une eau potable de qualité.

Chaque exploitation doit rester maîtresse de sa stratégie agroécologique. En ce qui concerne la lutte contre les pollutions diffuses de l’eau, le CESE retient de créer une redevance progressive sur les engrais azotés minéraux et de renforcer la redevance sur les produits phytosanitaires. Le produit de ces redevances serait redistribué aux agriculteurs engagés dans des pratiques et des choix de production moins polluants.

Les modes de production agricole doivent s’adapter dès aujourd’hui, notamment en Outre-Mer, aux conséquences du changement climatique sur les ressources en eau. Il faut notamment repenser l’hydraulique agricole et choisir des productions adaptées aux conditions climatiques et pédologiques.

L’irrigation (6 % de la surface agricole) doit se faire dans le respect des différents usages de l’eau. Il faut donc organiser la répartition du volume prélevable pour l’agriculture au niveau territorial selon une méthode nationale de bilan coût/efficacité. Si de nouveaux stockages d’eau sont mis en place, cela doit s’accompagner de pratiques agro-écologiques et d’assurance que ces productions irriguées seront à fort taux d’emplois.

Les liens entre agronomie, pédologie, hydrogéologie, hydrologie et écologie doivent être renforcés pour mieux tenir compte des inter actions complexes dans les travaux de recherche.

Une cohérence entre l’action locale, les financements publics des agences de l’eau et un pilotage national plus déterminé de la police de l’eau est un chemin à trouver.

L’avis du Cese a été voté avec 103 voix pour, 46 abstentions et 24 voix contre.

 

Photo Thinkstockphotos.fr © iStockphoto

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